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Feux en Australie : comment Canberra a basculé dans le climato-scepticisme

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L’Australie, avant de rejoindre les pays réfractaires à la lutte contre le changement climatique, s’est d’abord distinguée par la hardiesse de ses politiques pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Retour sur ce que les ONG considèrent comme un reniement.

A entendre les tonitruantes déclarations climato-sceptiques de son Premier ministre, Scott Morrison , on peine à y croire. Il y a peu, l’Australie comptait parmi les pays les plus engagés dans la lutte contre le réchauffement. Il a été l’un des premiers à créer une taxe carbone assortie de mesures fiscales compensatoires. Votée en 2012 par la majorité travailliste-Verts, elle n’a pas survécu à l’alternance. Moins d’un an après l’accession du Parti libéral au pouvoir, le Premier ministre Tony Abbott l’a abolie. 

Une décision sur laquelle ce dernier n’était pourtant pas très attendu par l’opinion. En tout cas, pas autant que par sa formation, dont les orientations de moins en moins environnementales ont joué dans la chute de deux de ses dirigeants. D’abord la sienne, en 2015, puis celle de son successeur, Malcom Turnbull. Trop entreprenant au goût de son parti pour défendre le climat, notamment pour avoir voulu inscrire dans la loi un objectif de baisse des émissions de CO2(-26 % d’ici à 2030 par rapport à 2005), celui-ci sera débarqué en 2018 au profit de Scott Morrison, plus au goût de l’aile conservatrice.

Pas d’ambition climatique

« Si tous les autres pays faisaient aussi peu d’efforts que l’Australie, la planète se réchaufferait de 4,4 degrés d’ici à 2100 », indique Yann Robiou du Pont, chercheur sur le climat à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).  L’engagement pris par l’Australie est l’un des plus faibles consentis par un Etat dans le cadre de l’Accord de Paris, alors qu’elle émet le plus de CO2 par habitant de tous les pays de l’OCDE.

Un changement de cap n’est pas pour demain. Chaque année, 12 milliards de dollars australiens de subventions sont consacrés aux énergies fossiles, tel le gaz dont l’Australie devrait être en 2020 le premier exportateur mondial, et le charbon où elle occupe déjà cette place. A l’inverse, Canberra, premier fournisseur de charbon pour tout l’est de l’Asie, a cessé de contribuer au fonds vert pour le climat qui finance des projets d’énergies renouvelables dans les pays pauvres. Cerise sur le gâteau,  à la COP de Madrid, l’Australie a tenté de tourner à son avantage certaines règles de comptabilité du carbone .

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