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Réforme des retraites : une conférence de financement, pour quoi faire ?

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Après une journée de mobilisation nationale, partenaires sociaux et gouvernement se retrouvent ce vendredi 10 janvier pour réfléchir au financement du système de retraites.

Rangement des tracts et sorties des calculettes. Ce vendredi 10 janvier, les syndicats contestataires et ceux qui ne manifestaient pas la veille doivent se retrouver autour d’Édouard Philippe pour discuter finances. Il s’agit de réfléchir « au contenu, au mandat et au délai » d’une conférence de financement du système de retraites, proposée par le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.

Les syndicats réformistes ont d’ores et déjà prévenu qu’il fallait d’abord que l’exécutif renonce à l’âge pivot, pour l’instant inscrit dans le projet de loi, faute de quoi leur participation tournerait court.

Notre système de retraite a-t-il un problème financier ?

Oui et non. Le rapport publié en novembre par le Conseil d’orientation des retraites (COR) fait bel et bien état d’un besoin de financement compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros, à l’horizon 2025. Mais le texte précise qu’il s’agit d’un problème de recettes et non de dépenses. Du fait de choix budgétaires sur le nombre et les rémunérations des fonctionnaires (lire La Croix du 7 janvier), le système engrange moins de cotisations.

À partir de là, deux visions. « Soit on peut considérer que c’est aux retraites de compenser ce solde négatif, soit on peut estimer que, puisqu’il s’agit des conséquences d’économies budgétaires réalisées par ailleurs, c’est à une enveloppe séparée de compenser », analyse un syndicaliste.

Tout dépend aussi de l’horizon considéré. Si le système de retraite a effectivement un problème de financement jusqu’en 2040, la situation devrait légèrement s’améliorer par la suite, notamment du fait de la disparition de la génération du « baby-boom ». À condition bien sûr que la croissance suive.

L’âge pivot servirait-il à compenser ce déficit ?

C’est en tout cas l’objectif affiché par le gouvernement. Le 11 décembre dernier, Édouard Philippe avait rappelé que « pour garantir les pensions, pour financer un niveau élevé de solidarité, et pour profiter de la hausse de l’espérance de vie, sans augmenter les impôts, la seule solution, c’est de travailler progressivement un peu plus longtemps ».

Mais « si on fait baisser les dépenses publiques, et donc les impôts, pourquoi ne pas imaginer en parallèle une hausse des cotisations qui compenserait le manque de recettes ? », interroge un fin connaisseur du dossier. L’idée, déjà mise sur la table par Laurent Berger, n’a pas les faveurs de l’exécutif. « Les hausses de cotisations, même uniquement sur la part patronale, ce sont les salariés qui les payent à la fin avec des augmentations de salaire moindres », glisse un économiste.

Peut-on imaginer d’autres façons de réduire le déficit ?

Oui, l’âge pivot et la hausse des cotisations ne sont pas les seules options sur la table. Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports, l’a rappelé jeudi 9 janvier : « Tout est ouvert. » « S’il y a une meilleure proposition, elle serait reprise », a-t-il déclaré sur BFMTV, à condition qu’elle permette d’atteindre « l’équilibre financier en 2027 ».

Première piste, évoquée par Richard Ferrand : que la décote liée à l’âge pivot soit temporaire comme c’est le cas à l’Agirc-Arrco. Mais la mesure ne fait économiser que peu au régime complémentaire du privé, et le patronat est opposé à cette mesure qu’il ne juge « pas assez incitative ».

Autre solution : piocher dans les réserves. Celles des régimes de retraite sont substantielles, 136,9 milliards d’euros, selon le dernier chiffrage du COR. Mais le gouvernement a déjà promis à plusieurs professions de ne pas ponctionner leur cagnotte.

Reste les caisses du fonds de réserve pour les retraites, mis en place par le gouvernement Jospin. De 36 milliards d’euros, ces réserves devraient se réduire à 15 milliards d’euros en 2025, le fonds n’étant plus alimenté depuis 2011 et une partie servant à rembourser le « trou de la sécu ».

Ce remboursement, auquel est aussi affectée la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), doit s’achever en 2025. « À partir de cette date, environ 7 milliards d’euros seront disponibles chaque année via la CRDS, pourquoi ne pas les flécher vers les retraites ? » interroge Dominique Corona, à l’Unsa. Sauf que la loi prévoit pour l’instant d’éteindre la CRDS. Et si la contribution devait être maintenue, du côté du gouvernement on préférerait la consacrer à l’autre besoin de financement pour les seniors : la dépendance.

Marie Noelle DUFOUR

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