Salon international du livre de Paris: L’Afrique aux côtés de l’Europe pour promouvoir la lecture comme moyen d’éducation

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Comme annoncée, l’édition 2019 du salon du livre de Paris a ouvert ses portes vendredi dernier avec comme invité d’honneur l’Europe.

A l’instar des pays Européens venus nombreux au salon du livre, plusieurs pays Africains sont également présents, notamment la Côte d’ivoire avec les éditions Eburnie, conduite par
Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue, la république du Congo pour les éditions PARI et les éditions Présence Africaines pour ne citer que les plus en vue au salon du livre de Paris.

Un espace gigantesque de 400 m2 à plus de 300 euros le mètre carré, rien que pour la location du stand, sans compter le coût des équipements, les frais de déplacement et d’hébergement des auteurs, les rétributions des conférenciers et des prestataires (traiteurs, équipement, etc). Pourquoi les États africains dépensent-ils autant pour une présence au Salon du livre de Paris, alors que le rendez-vous littéraire n’a pas l’importance stratégique du Salon du livre de Francfort, réputé pour être un haut lieu de négociation pour la vente des droits des œuvres littéraires ? C’est que l’intérêt de la manifestation se situe en grande partie ailleurs que dans la littérature.

« Dans l’action diplomatique, un pays joue sur plusieurs registres, et dans ce spectre il y a une dimension culturelle. Jouer cette carte, c’est donner une bonne image de son pays. C’est un élément fort dans une stratégie internationale et cela permet, au plan intérieur, de consolider le lien national menacé par les replis identitaires et les clivages ethniques », explique Pierre Jacquemot, ancien ambassadeur français dans différents pays d’Afrique et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Politique culturelle ambitieuse

. « Il est important pour les États africains de se positionner dans le monde du livre quand ils ont une politique culturelle ambitieuse, comme c’est le cas, par exemple, pour la Côte d’Ivoire », relève Raphaël Thierry, un chercheur spécialiste de l’édition et de la littérature africaine.

À la manœuvre, pour fédérer les auteurs africains, la Directrice Générale des édition Eburnie, Marie-Agathe Amoikon-Fauquembergue, sillonne et arpente les salons majeurs pour promouvoir l’Afrique.

En un mot, la présence africaine subsaharienne au Salon du livre, c’est aussi Aminata Diop-Johnson .

Après avoir travaillé pendant huit ans pour Reed Expositions France, organisateur de salons et de foires, dont le Salon du livre de Paris, elle a coordonné, de 2010 à 2016, le stand Livres et auteurs du Bassin du Congo. Depuis, Aminata Diop-Johnson a lancé l’Agence culturelle africaine, une structure enregistrée au Sénégal, avant de fonder le Pavillon des Lettres d’Afrique.

Dans le salon VIP, des cartes de visites s’échangent, des contacts se créent et des projets voient le jour. « Il y a beaucoup de choses qui se passent, notamment des rencontres politiques avant et après le Salon du livre. Le livre est un instrument de pouvoir, d’échanges et de relation économique dans la politique africaine de la France », explique Raphaël Thierry. Ce n’est pas un hasard si le Conseil français des investisseurs en Afrique, AccorHotels, Vivendi et Canal + International font ainsi partie des partenaires de l’événement.

Financé par les États africains associés et des fondations privées, Pavillon des Lettres d’Afrique est cependant en phase avec les réalités du continent. Certaines administrations africaines ne règlent pas leur contribution à temps, donnant quelques sueurs froides à l’organisation. Dans un registre plus positif, sur les deux espaces dédiés aux conférences, outre les traditionnelles tables rondes avec les auteurs qui font l’actualité littéraire et un espace dédié aux maisons d’édition, des débats sur la jeunesse africaine connectée avec les blogueurs, les Youtubeurs et les influenceurs du continent, ainsi que sur l’art contemporain, la musique ou le cinéma, se tiendront tout le week-end.

Présence plus modeste

En dehors de La Côte d’Ivoire avec les éditions Eburnie qui a un stand imposant et visible de loin, la Guinée et les pays du fleuve Mano ont également eu une présence plus modeste au Salon du livre faute de moyens. Côté Maghreb, en dehors de l’Algérie qui sera représentée par une structure sous  tutelle du Ministère de la Culture, la présence au Salon se fait surtout via des groupements d’éditeurs. L’Union des éditeurs tunisiens , Les éditeurs marocains ainsi que l’Arab Publishers Association seront quant à eux bien présents cette année.

Quelques autres stands marqueront également la présence africaine subsaharienne. Le distributeur L’Oiseau Indigo, diffuseur de plusieurs maisons d’édition aura une programmation avec un fort prisme africain. Popo Loves cooking, alias Julie Kassa Mapsi, présentera son livre de recettes apéritives permettant de valoriser et faire découvrir la gastronomie africaine contemporaine. Des ateliers dégustations auront lieu sur le stand les samedi et dimanche. La jeune maison d’édition Ekima Media, fondée en octobre dernier, présentera les ouvrages à son catalogue. Enfin, les stands des maisons d’éditions française Actes sud, Le Serpent à plume ou Gallimard avec sa collection « continents noirs » ont également à leur catalogue de nombreux écrivains africains.

Charles BILE Assini

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