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Tidjane Thiam : «La fin du secret bancaire? C’est très sain»

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Après la publication de ses résultats jeudi, Credit Suisse fait face à une vague de critiques sur sa stratégie. L’action est au plus bas depuis un quart de siècle. Adulé au départ, son directeur, rencontré vendredi à Zurich, se défend.

Lors de la publication de vos résultats, jeudi, le cours de l’action a perdu plus de 10%. A l’annonce de votre arrivée, en mars dernier, des attentes immenses pesaient sur vous avant même votre entrée en fonction. Certains médias vous ont qualifié d’«Obama de Credit Suisse». Est-ce que l’on n’est pas condamné à décevoir avec une telle pression?

Cela ne me fait ni chaud ni froid. Vraiment, dans les deux sens. Je n’ai été ni excité, ni emballé par les éloges extrêmes à mon arrivée et je n’écoute pas plus les critiques en ce moment. Je suis complètement indifférent à ces choses-là. Je ne travaille pas pour la galerie. Si je voulais faire bondir le cours de l’action à court terme, il me suffirait de dire: «On ferme la banque d’affaires» et Credit Suisse gagnerait massivement en une journée. Je ne cherche pas la popularité à court terme. On peut me faire beaucoup de reproches, mais pas celui de courtiser la popularité du marché parce que je suis dans une logique de moyen et long terme. Mick Newmarch, directeur général de Prudential bien avant moi disait ceci: «Un patron qui pense qu’il existe une forte corrélation entre ses actions et le cours de l’action de son entreprise à court terme est en plein délire.» Je l’ai toujours répété, même en mars, quand le cours de l’action a bondi à l’annonce de ma nomination. On n’est jamais aussi bon qu’on le dit, on n’est jamais aussi mauvais qu’on le dit. Il faut garder la tête froide. La vérité est toujours entre les deux.

L’action de Credit Suisse est quand même au plus bas depuis un quart de siècle. Cela ne vous inquiète-t-il vraiment pas?

Il faut distinguer entre les variations liées à l’environnement financier actuel et celles liées à des éléments spécifiques à Credit Suisse. Nous ne sommes pas la seule banque à un plus bas historique. Je ne veux pas citer de noms, mais regardez les autres banques européennes. Nous nous trouvons clairement dans une tempête économique, les prix du pétrole sont au plus bas, les politiques monétaires des grandes banques centrales du monde sont complètement déconnectées, ce qui crée beaucoup d’incertitudes. En novembre, j’ai dit qu’il y aura un événement traumatique à la sortie des politiques dites de «QE» (assouplissement quantitatif, ou politique de rachat d’actifs de grande ampleur, auquel la Réserve fédérale américaine a mis fin en décembre, ndlr). Cela avait surpris, mais cela se produit effectivement maintenant. D’où ma volonté de procéder très rapidement à l’augmentation de capital. Je ne voulais pas attendre d’être dans une situation de turbulences financières. Je ne veux même pas imaginer où serait le cours de l’action aujourd’hui si je n’avais pas levé 6 milliards de francs entre novembre et décembre dernier.

Les marchés se trouvent dans une phase de turbulences, mais Credit Suisse a aussi annoncé une perte de plusieurs milliards…

Dans ce contexte, les marchés ne montrent pas la moindre indulgence. Pour eux, toutes les nouvelles sont des mauvaises nouvelles. Or nous avons annoncé des développements extrêmement positifs jeudi. Avec 17,8 milliards de francs de collecte de fonds en Asie, par exemple, nous faisons mieux que toute autre banque sur ce continent, américaine, européenne ou asiatique. J’ai lu des compte-rendus de résultats qui ne mentionnaient même pas l’Asie! La banque suisse (l’unité de banque universelle suisse, ndlr) enregistre une hausse de son bénéfice de 25%, une autre bonne nouvelle qui est passée inaperçue. Pourtant, cela constitue déjà une grande réussite de notre stratégie. J’ai dit dès le début que le marché suisse était important, qu’on l’avait sous-investi ces dernières années. Maintenant j’entends mes pairs dire la même chose! C’est un marché attrayant et c’est notre base, nous devons être forts et compétitifs. Cela porte déjà ses fruits. Il est faux de penser qu’on ne peut pas croître en Suisse.

AKMEL Muller

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